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j’apporterai des pierres

My first book published in France, by Editions Comp’Act, 1995. Translated by Vahé Godel.

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Les mots ruissellent sous la pluie.
Je les entraîne en directions des vents. 

Je veux qu’au loin mon écriture
oscille comme une fleur épineuse.


Rien de plus ennuyeux qu’une poésie qui se rapporte explicitement à un événement, fût-il tragique, à une circonstance délimitée par le temps et l’espace. Cela ne signifie pas que l’événement doit être absent de tout poème qui se respecte. Lorsque Mariné Pétrossian écrit par exemple: « Je suis muette de naissance / J’ai vu le jour parmi / les reliques dominicales » ou bien : « Nous cherchions un îlot sur les eaux anonymes, / un îlot, quel qu’il fût, car nul rivage / n’était en vue », l’Arménie n’est nullement absente, les drames et les espoirs de cette terre qui a tant tremblé ne sont nullement tus. Ils sont simplement transposés, traduits dans la langue que le poème s’est trouvée. « Je veux qu’au loin mon écriture / oscille comme une fleur épineuse. » Remarquable de sobriété et d’économie, émue sans être larmoyante, ne tombant jamais dans l’ornière très fréquentée de l’esprit nationaliste, la poésie de Mariné Pétrossian évoque simplement la douloureuse insistance d’un souvenir, la vivacité d’une couleur que le temps ternit, un goût d’airelle ou de vin, celui du pain et de l’eau, un vieux roi vaincu et la poussière de son manteau... « Tout est vieux : la mer, le ciel, le soleil. / La pierre est une fleur. / La pierre est une fleur qui voit le jour / où seuls règnent lumière et vent. »
Patrick Kechichian, Le Monde / des Livres, 22.09.1995

Elle écrit lapidairement, comme on amasse des pierres pour construire, se défendre, attaquer. Cependant, quelle présence le poète ne donne-t-il pas à la douceur des choses, à la tendresse du quotidien. Entre l’universe d’une Sylvie Germain et la densité d’évocation d’un O.V. de l. Milosz, Mariné Petrossian établit une juste distance avec le vertige de la mémoire sanglante, le constat de l’inéluctable, l’espoir. Grâce aux heureuses traductions de Vahé Godel, la vois de Mariné Petrossian entre, dès aujourd’hui, et de manière si vibrante, dans la concertante parole des poétes de la vérité humaine, au travers de tous les dèsastres.    
Luc Norin, Le Libre Culture,  31.03. 1999  

La langue de Mariné Petrossian est dense, resserrée. Ses mots disent la vie, la violence, la désolation de l’époque et du lieu et tissent une atmosphère intimiste, discrète, pudique. Rarement une telle économie de vocable aura été tout à la fois si évocatrice et si fertilisante de l’imagination du lecteur. Une poésie de notre époque, bien ancrée dans la culture arménienne mais aussi immémoriale et universelle: une poésie vitale qui figure – heureux présages – dans une superbe collection aux côtés de celle de Fridrich Holderlin, John Malington Synge et Egon Schiele. Le Monde, France Culture ont salué cette parution et c’est bien là aussi notre coup de coeur de la rentrée littéraire 1995.
 Azad magazine, #71,1995

En de petits textes drus, durs, lapidaires et melodieux, elle évoque, suscite plus que ne conclut. Si l’Arménie n’y est jamais loin, elle apparaît en petites touche subtiles, dans l’intimité d’une relation aux pierres, le souvenir fugace d’un vieux roi vaincu, le goût amer du quotidien languissant d’une capitale. Cette écriture “d’après le desastre” s’ouvre aussi a l’espoir: “Mais sachant que demain el fera beau, je distribue du pain aux pierres”. 
 Jean Forestier, Azad magazine, #73, 1996   
Aux travers de ces évocations, parfois mélodieuses et parfois rudes, Mariné Petrossian crie sa douleur mais aussi son courage; elle symbolise une génération prête à affronter l’avenir.
 Antoine Spire, Nouvelles d’Arménie, # 9, janvier 1996