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erevan

My second book published in France, by Editions Comp’Act, 2003. Translated by Vahé Godel.

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Pommes de terre
posées sur ma table: tel est
le poème que je voudrais écrire.

Aussi terreuses que mon âme,
aussi réelles que mon corps.

Pommes de terre sur ma table
- j’y vois ma mère,
j’y reconnais ma cendre.



Cette écriture qui sait narrer sait aussi cerner par des non-dits l’exacte condition présente de celle qui ecrit, et, au-delà, suggérer au lecteur la condition d’une population et d’un pays tout entier. C’est là sa force, son exemplarité. On touche du doigt la misère, la précarité, la souffrance de l’Arménie et aussi de toute âme humaine mais on est toujour aimanté vers ce qu’il peut y avoir d’entêtant dans la course de la vie elle-même: l’humain qui survit, qui espère, qui refuse de s’avouer vaincu par l’injustice, le destin, le sort, les horreurs de l’Histoire.
Eric Brogniet. Le Journal des Poets, #6, 2003

Elles est désabusée, et désepérée, cette voix qui nous parvient d’Erevan et qui justement nous parle de la ville. L’instant d’après plus fougueuse, presque fèbrile. Les tableaux se succèdent: saynètes,natures mortes, paysages… Et les saisons défilent, infernal mouvement temps qui fait succéder la pâleur glacée de l’hiver à l’étouffante chaleur d l’été.  De rue en rues, la ville dévastée devient monde. La ville devient monstre, qui traque et anèantit les moindres signes de vie. La poésie de Mariné  Petrossian, ici remarqablement servie par son traducteur, est faite de visions sans pardon. Au confluent des mots: une force d’evocation quasi physique. L’écriture est d’une grande modernité, effrayante autant que fasvinante. Peu à peu, le regard étrange de Mariné Petrossian transfigure la ville, la repeint à grand traits de rouge, de noir et de blanc cendreux. Cet(te) Erevan vaut assurément le détour.

Nouvelles d’Arménie, # 83, 2003